BYD, le constructeur automobile chinois en pleine expansion, a consolidé sa position de numéro deux mondial dans le secteur des véhicules électriques. Sa stratégie agressive de croissance se manifeste par la construction d’une usine de production en Hongrie, une initiative qui a immédiatement suscité l’attention et l’inquiétude de l’Union européenne. Bruxelles a ouvert une enquête approfondie sur les conditions de financement de ce projet, soupçonnant des subventions gouvernementales chinoises susceptibles de fausser la concurrence sur le marché européen.
Une Croissance Explosive et une Innovation Continue
L’ambition de BYD de dépasser Tesla est palpable. Le constructeur a enregistré une augmentation spectaculaire de ses immatriculations en 2024, contrastant avec la baisse des ventes de son concurrent américain. Cette croissance est alimentée par une gamme de véhicules électriques en constante expansion, illustrée par le lancement du Sealion 7 en octobre 2024 et l’Atto 2 au salon de Bruxelles en janvier 2025.
L’innovation est au cœur de la stratégie de BYD, avec plus de trente brevets déposés quotidiennement et une équipe de plus de 110 000 ingénieurs. Cette avance technologique permet à l’entreprise de renforcer sa présence en Europe en établissant une production locale, avec une usine en Hongrie dont le démarrage est prévu pour fin 2025.
L’Usine Hongroise : Un Projet Sous Surveillance Stricte
Le projet d’usine en Hongrie a déclenché une enquête de l’Union européenne concernant le financement, avec des soupçons de subventions publiques chinoises. Ces aides pourraient permettre à BYD de pratiquer des prix artificiellement bas, créant une concurrence déloyale pour les constructeurs européens.
Bruxelles a déjà pris des mesures contre les constructeurs chinois en augmentant les droits de douane. Cependant, l’attention se porte désormais sur le site de production lui-même. Des informations du Financial Times révèlent que l’usine hongroise pourrait utiliser une main-d’œuvre chinoise et des pièces importées, limitant ainsi les retombées économiques pour l’Europe.
Sanctions Potentielles et Réactions Diverses
Si l’enquête confirme les soupçons de l’UE, BYD pourrait faire face à des sanctions telles que la réduction de la capacité de production de l’usine, le remboursement des subventions, ou de lourdes amendes.
BYD n’a pas encore réagi officiellement à l’enquête, tandis que le gouvernement chinois reste silencieux. La Hongrie, par la voix de son ministre de l’Europe, Janos Boka, a exprimé son désarroi, soulignant que ce n’est pas la première fois qu’un projet en Hongrie attire l’attention de la Commission européenne, et mettant en avant les 10 000 emplois que l’usine devrait générer.
Une Stratégie d’Expansion Européenne Ambitieuse
Malgré les obstacles, BYD poursuit son expansion en Europe, avec des projets d’usines en Turquie en 2026 et en Allemagne dans les années à venir. L’objectif est de produire 500 000 véhicules électriques par an en Europe.
L’issue de l’enquête de Bruxelles déterminera l’impact sur l’ascension de BYD en Europe. L’UE est déterminée à surveiller de près l’implantation des industriels chinois sur son territoire, afin de maintenir un équilibre économique et de protéger les intérêts européens.