jeudi, avril 3, 2025

Découverte alarmante : une pollution humaine inédite détectée à plus de 5 100 mètres de profondeur en Méditerranée

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Une découverte récente met en évidence l’ampleur de l’empreinte humaine sur les fonds marins les plus profonds. Des chercheurs internationaux ont révélé la présence de déchets à plus de 5 100 mètres sous la surface de la mer Méditerranée, dans le Calypso Deep, confirmant que même les abysses ne sont pas à l’abri de la pollution humaine.

Une expédition inédite dans les abysses

Situé à 5 112 mètres sous le niveau de la mer, le Calypso Deep est la zone la plus profonde connue de la Méditerranée. Nichée dans la fosse hellénique, à environ 60 km à l’ouest du Péloponnèse, cette région a longtemps été difficile d’accès en raison des conditions extrêmes qui y règnent. Sa topographie complexe, avec des pentes abruptes et une plaine abyssale relativement plate, abrite des failles actives qui rendent l’exploration encore plus périlleuse.

Pour la première fois, une mission scientifique a envoyé un submersible habitable explorer ces profondeurs. L’expédition internationale s’est appuyée sur le Limiting Factor, un submersible en titane conçu par Triton Submarines, capable de résister à des pressions colossales. Doté d’une capacité de deux passagers, l’appareil a parcouru environ 650 mètres en ligne droite lors d’une plongée de 43 minutes, à une vitesse de 1,8 kilomètre par heure.

Une pollution abyssale insoupçonnée

Les résultats de cette exploration sont alarmants. Les chercheurs ont dénombré 167 débris sur le fond marin, dont 148 d’origine clairement artificielle. Parmi les objets retrouvés figurent des sacs en plastique, du verre, des fragments de métal et des morceaux de papier. Ces déchets étaient parfois enfouis sous les sédiments ou coincés dans les failles du relief sous-marin.

L’alignement presque parfait de ces déchets suggère un déversement volontaire depuis un bateau, bien que certains aient pu être transportés par des courants marins en provenance de sources terrestres. Selon le professeur Miquel Canals, « nous avons trouvé des indices indiquant que des bateaux auraient déversé des sacs remplis de déchets, comme en témoigne l’accumulation de différents types de détritus formant un sillon rectiligne. »

Un impact écologique majeur

Le taux de pollution relevé au Calypso Deep figure parmi les plus élevés jamais enregistrés en milieu marin profond. Les plastiques représentent 88 % des déchets identifiés, une présence inquiétante car ils se fragmentent en microplastiques, s’infiltrant dans les sédiments et potentiellement dans la chaîne alimentaire marine.

Bien que peu d’espèces aient été observées lors de cette mission, des organismes comme le Coryphaenoides mediterraneus (un poisson des profondeurs) et la crevette Acanthephyra eximia pourraient subir les conséquences de cette pollution grandissante. La configuration fermée du Calypso Deep, combinée à des courants marins extrêmement faibles (moins de deux centimètres par seconde), empêche les détritus de se disperser, transformant la zone en un véritable piège à déchets.

Une urgence environnementale

Cette découverte met en lumière la nécessité impérative d’une surveillance et d’une action concrète contre la pollution marine. Contrairement à une idée reçue, les abysses ne sont pas à l’abri de l’impact humain. « Malheureusement, en Méditerranée, il ne serait pas exagéré de dire qu’il n’y a pas un seul centimètre qui soit propre », déplore Miquel Canals.

Face à cette situation critique, il est urgent de renforcer les réglementations sur la gestion des déchets en mer et de promouvoir des actions concrètes pour préserver ces zones d’une valeur écologique inestimable. Une prise de conscience collective est essentielle pour modifier nos habitudes de consommation et limiter l’empreinte humaine sur les écosystèmes marins.

Vers une mer Méditerranée propre ?

La Méditerranée est souvent perçue comme un joyau naturel, mais cette expédition rappelle qu’elle est gravement menacée par l’accumulation de déchets. Pour espérer inverser cette tendance, une coopération internationale est indispensable. La mise en place de mesures strictes et d’une sensibilisation accrue du public représente un premier pas vers la sauvegarde de ces abysses uniques.

Il est temps d’agir pour que la mer Méditerranée ne devienne pas une fosse d’ordures inextricable, mais un espace marin protégé pour les générations futures.

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